L’indice WPS (Women, Peace and Security) classe 177 pays selon trois axes : inclusion, justice et sécurité. Dans son édition 2023, le Danemark occupe la première place, suivi de la Suisse et de la Suède.
Ce classement reste la référence la plus citée, mais la notion de « pays safe pour les femmes » recouvre des réalités très différentes selon qu’on parle de résidence ou de voyage.
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Ce que l’indice WPS mesure vraiment (et ce qu’il ignore)
L’indice WPS agrège des données sur l’emploi des femmes, leur représentation politique, l’accès à l’éducation, le sentiment de sécurité dans l’espace public et l’exposition aux conflits armés. C’est un outil conçu pour évaluer la condition féminine globale dans un pays, pas spécifiquement l’expérience d’une voyageuse de passage.
Un pays peut obtenir un excellent score WPS tout en présentant des zones urbaines où le harcèlement de rue reste fréquent. À l’inverse, une destination au score WPS moyen peut offrir une expérience de voyage très sûre grâce à des infrastructures de transport fiables et un encadrement touristique solide.
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Les classements 2026 relayés par Time Out, Elle et Grazia intègrent désormais des critères absents de l’indice WPS : lisibilité des transports, facilité d’orientation et confort d’autonomie. Cette évolution reflète un changement de perspective, où la sécurité perçue par une femme seule sur le terrain compte autant que les statistiques nationales de criminalité.

Sécurité des femmes en voyage : l’infrastructure pèse autant que la criminalité
Le Luxembourg figure régulièrement dans le top 5 de l’indice WPS. Sa présence s’explique en partie par un facteur rarement mis en avant : ses transports publics sont entièrement gratuits. Pour une voyageuse solo, ne jamais avoir à chercher de monnaie, négocier un tarif ou comprendre un système de billetterie supprime une couche de vulnérabilité.
Ce type d’avantage structurel distingue les pays réellement pratiques pour les femmes de ceux qui affichent simplement un faible taux de criminalité.
Les pays scandinaves (Danemark, Suède, Finlande, Norvège, Islande) cumulent plusieurs caractéristiques favorables :
- Un réseau de transport dense, ponctuel et accessible sans barrière linguistique grâce à un anglais largement pratiqué
- Un éclairage public généralisé, y compris dans les quartiers résidentiels et les zones piétonnes nocturnes
- Une culture sociale où l’intervention de témoins en cas de harcèlement est plus fréquente que la moyenne européenne
Ces éléments ne figurent dans aucun indice standardisé. Ils façonnent pourtant l’expérience quotidienne d’une femme qui se déplace seule.
Pays sûrs pour les femmes : les limites des classements mondiaux
Les données disponibles ne permettent pas de désigner un seul pays comme « le plus safe » de manière absolue. Le Danemark domine l’indice WPS, mais d’autres outils de mesure évaluent l’égalité entre les sexes selon des critères différents.
Le classement change selon l’outil de mesure utilisé. Un comparatif axé sur la violence physique ne produira pas le même palmarès qu’un indice centré sur l’autonomie économique ou la représentation politique.
Les avertissements émis par les autorités canadiennes illustrent bien cette complexité. La Chine et la Türkiye font l’objet de mises en garde spécifiques concernant le harcèlement et les agressions sexuelles visant les femmes, alors que ces deux pays ne figurent pas parmi les destinations habituellement perçues comme « dangereuses » par le grand public. La sécurité varie fortement d’une région à l’autre au sein d’un même pays.
La Nouvelle-Zélande, présente dans le top 10 WPS, offre un bon exemple de cette nuance. Les grandes villes comme Auckland bénéficient d’infrastructures solides. Les zones rurales isolées, en revanche, posent des questions de connectivité et d’accès aux secours qui ne transparaissent pas dans un score national.
Voyage solo féminin en 2026 : une tendance qui redéfinit les critères de sécurité
Selon Grazia, qui cite les données de Tourlane, plus de la moitié des voyages solo réservés ces quatre dernières années l’ont été par des femmes. Cette proportion a transformé l’offre éditoriale et les critères mis en avant par les médias spécialisés.
Les comparatifs récents ne se contentent plus de lister des taux de criminalité. Ils évaluent la facilité de se repérer sans assistance, la couverture réseau mobile (pour accéder aux cartes et contacts d’urgence), et la densité d’hébergements adaptés aux voyageuses seules.
Cette grille de lecture explique la montée de destinations comme le Portugal ou l’Irlande dans les recommandations 2026. Ces pays combinent :
- Un coût de la vie plus accessible que la Suisse ou les pays nordiques
- Une barrière linguistique faible grâce à un bon niveau d’anglais dans la population
- Des communautés de voyageuses solo actives, facilitant les retours d’expérience et l’entraide sur place
La question « quel est le pays le plus safe pour les femmes » appelle donc une réponse qui dépend du profil de la personne qui la pose. Une expatriée cherchant un cadre de vie égalitaire se tournera vers le Danemark ou la Suède. Une voyageuse solo planifiant un premier séjour à l’étranger trouvera davantage de ressources pratiques orientées vers le Portugal, le Japon ou la Nouvelle-Zélande.
Aucun pays ne garantit une sécurité totale. Les classements offrent des tendances, pas des certitudes. La différence se joue souvent dans les détails : un trajet en transport en commun à minuit, la réaction d’un passant face à une situation de harcèlement, la couverture réseau dans une zone reculée. Ces micro-facteurs, impossibles à agréger dans un indice, restent les plus déterminants sur le terrain.

